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Pourquoi j’aime la tauromachie et l’assume…

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TAU-RO-MA_CHIE, 4 syllabes magiques car peu de mots dans la langue française suscitent autant de passion. Vous participez à un diner qui s’assoupit, lancez le débat de la tauromachie et je peux vous assurer que la fin de soirée sera animée, c’est garanti.

Je souhaite apporter mon témoignage sur l’art tauromachique, expliquer ma passion, la partager si possible…et écouter les détracteurs qui seront de toute évidence nombreux, je ne me fais aucune illusion là dessus.
J’avais précisément 7 ans quand j’ai assisté à mon premier spectacle tauromachique. Nous passions alors nos vacances près de Valence en espagne et j’ai bénéficié d’une place laissée vacante par mon père qui avait un regard très hostile sur la tauromachie à l’époque et qui est devenu fondamentalement anti corrida aujourd’hui….L’hérédité réserve quelques surprises parfois…J’avais 7 ans et plus de trente ans plus tard je me souviens très bien de ce spectacle qui m’avait ébloui. Mon frère ainé pleurait devant les misères affligées au toro, je tremblais à l’idée de voir les toreros se faire embrocher par ces fauves…Et voilà bien la scission classique des pro corridas et des anti corridas. Une partie du public retient son souffle devant un homme risquant sa vie devant une bête de 500kg, d’autres ne s’apitoient que sur cet animal qui n’a pas choisi d’être là…Je ferai une très courte aparté sur une campagne publicitaire que je trouve excellente dans le métro parisien actuel où l’on voit sur une affiche un homme derrière des barreaux…et le slogan de l’affiche est parfaitement censé – « Si cela vous aide à donner, dites vous que cet homme est un chien… ». Je ne caricaturerai pas en disant que les « vrais » anti taurins préfèrent l’animal à l’homme, mais il y a un peu de cela. Certains d’entre vous bondissent, c’est normal…

Comment maintenant vous parler de ma passion tauromachique de façon concise, car je pourrais sans modestie écrire un livre sur le sujet, tellement celui ci est vaste et passionnant. Sans donner ici plus de détails, j’ai eu la chance de travailler dans l’univers tauromachique pendant près de deux ans et j’y ai noué des amitiés dans ce milieu, principalement dans la région Nîmoise. De cette période, je pourrais la résumer en un seul mot – PASSION. Je n’ai jamais vu dans quelqu’autre milieu que j’ai fréquenté durant ma courte vie, un univers où régnait une telle passion. Car la tauromachie ne se résume pas à la corrida, la tauromachie est un univers global extraordinaire. Pour être clair, je pourrais me passer de voir des corridas car pour aller dans le sens des « anti », je reconnais qu’il faut voir 10 spectacles tauromachiques pour en voir un bon, je ne vais pas plus loin dans ce débat là. Non, la tauromachie se déguste au campo quand vous accompagnez un éleveur au lever du soleil et qu’il va sélectionner ses toros pour les prochaines corridas, la tauromachie se savoure lors d’une tienta dans un mas Nîmois où les matadors viennent s’entrainer en petit comité chez des éleveurs. Ces matadors qui ont l’habitude d’affronter des monstres de 500kg ou plus, réalisent ici les mêmes gestes que dans les arènes de Madrid, Séville ou Nîmes mais cette fois ci face à des vachettes de 150 kg qui sont ainsi sélectionnées pour savoir celles qui auront l’honneur d’être fécondées par l’étalon (du fait de leur bravoure face à la cape et à la pique..) ou celles qui connaitront une vie écourtée…La tauromachie devient aussi fascinante par sa capacité à créer une vraie mixité sociale autour de cette passion. Où pouvez vous voir des ministres, industriels, sportifs internationaux (président même…) attablées à la même table avec des garçons vachers pour parler de LEUR passion et se retrouver dans une harmonie parfaite. Tous égaux autour de l’aficion ?…

Je comprends que l’on n’aime pas la tauromachie. Je comprends que l’on s’apitoie devant un toro sanguinolent qui se fait parfois véritablement torturer par des toreros incapables (certains le sont…), je comprends moins l’hystérie des associations telles que le CRAC (comité radicalement anti corrida) qui s’attaquent au milieu taurin avec une fougue irrationnelle. Il est légitime de ne pas aimer la tauromachie mais je crois aussi que l’on doit rester modéré et éviter les raccourcis à la malhonnêté intellectuelle flagrante. S’attaquer à la tauromachie sans s’attaquer à l’industrie de la viande me surprend. Que l’homme n’ait pas le « droit » moral de s’attaquer à l’animal, je l’entends…Peut être allons nous doucement vers l’idée que l’homme devra modifier son comportement alimentaire, manger des oeufs, des boeufs morts naturellement…La société évolue probablement dans cette direction…En quoi la mort d’un toro dans une arène est-elle plus choquante que celle de son congénère dans une ligne d’abattage d’un abattoir lambda ?…Une petite anecdote, lors d’un séjour à Pékin dont la spécialité locale est le canard pékinois, j’ai appris que pour satisfaire la consommation locale, un demi million de canards étaient tués CHAQUE jour dans la région de Pékin. Ces canards de Pékin, ces cochons du Mans valent-ils moins que le toro Juan Pedro Domecq ?…Dans la pensée Bouddhiste, certainement pas…Une âme est une âme…

Parlons maintenant du parcours de ce fameux toro qui va affronter les hommes dans un périmètre clos remplis de sable…Il est né au campo, souvent en Espagne, parfois dans le sud de la France ou dans d’autres pays sud américains. Il vit dans un paysage somptueux avec sa mère et ses « copines » constituant le harem parfois d’un seul étalon. Cet étalon très souvent a d’ailleurs connu la gloire en ayant été gracié dans une arène de première catégorie et cela lui a confèré le droit de vivre entouré de 200, 300 vaches ou plus…Cela vaut le coup de bien se battre parfois…Ce sont des arguments d’éleveurs et d’aficionados mais avant de vociférer sur la tauromachie, certains faits et statistiques sont à prendre en compte raisonnablement. D’abord, sans la tauromachie, nous n’aurions des toros de combat que dans….les zoos. Nous les regarderions avec admiration mais leur nombre serait de fait limité…pourquoi ne les aurions nous que dans les zoos ?…Uniquement car la valeur économique du toro n’est réelle que dans le cadre de la vente aux arènes. Un toro de combat espagnol, le fameux toro bravo nécessite en effet beaucoup plus d’espace que la vache montbéliarde, est beaucoup plus couteux à élever et son rendement en viande est inférieur que la charolaise. Qui continuerait à élever encore des toros de combat si combat il n’y avait plus ?…Certainement quelques passionnés mais le toro bravo disparaitrait petit à petit de nos paysages. Personnellement je trouverais cela dommage….De plus, n’oublions pas que pour un toro allant affronter El Juli, José Tomas…100 restent calmement au campo et ne verront jamais l’ombre d’une muleta. Cela amène au débat sur le sacrifice…Quand le vénéré Obama envoie ses troupes en Afghanistan pour « sauver le monde », il sait qu’il en sacrifie quelques milliers pour sauver les autres. Obama est adoré, l’éleveur de toros est brocardé…Logique ?..A mon avis, non…

Pour clore ce premier volet sur la tauromachie, il y en aura d’autres…je souhaite seulement dire que personne n’aime plus le toro bravo que celui qui va le défier, le combattre et risquer sa propre vie. On entend souvent que le combat est disproportionné, que l’homme sort statistiquement plus souvent vainqueur que le toro, c’est un fait…mais de grâce respectons le matador ou même le simple banderillero qui se place devant la charge d’un monstre d’une demi tonne, ne minimisons pas son courage et sa bravoure. Il faut entendre des matadors tels que José Manrubia qui est un ami proche vous décrire son combat avec le toro. Le respect est mutuel, le toro se bat dans un esprit de conquête, le toro veut tuer le matador comme il tue très souvent d’ailleurs ses congénères au campo. Le toro bravo est le requin blanc des océans. Le toro bravo a le combat dans ses gènes. je ne dirais pas comme certains que le toro est heureux d’être dans l’arène mais il sait qu’il a un combat à y mener et ne s’y défausse pas la plupart du temps. Certains se montrent d’une bravoure exceptionnelle et sont alors graciés. j’ai eu la chance d’être placé à coté de Juan Pédo Domecq (l’un des plus grands éleveurs de toros espagnols..) dans les arènes de Nîmes en 2005 alors qu’un de ses toros affrontait le maesto Enrique Ponce. Son toro avait été si fort, si courageux qu’à l’unanimité du public et de la présidence….le toro a été gracié. Juan Pedro Domecq pleurait de joie devant un tel spectacle. Tout en me précisant qu’en 15 ans, il n’avait vu que 5 de ses toros être graciés.

La tauromachie est en sursis pour certains, en plein essor pour d’autres. Nous verrons bien ce qu’il en adviendra. A mon sens, la fin de la tauromachie reviendrait à enterrer un peu plus profondément des Picasso, Bacon, Hemingway…Christian Lacroix (sa maison…pas la personne…). Nous ne pourrions que nous en attrister. Notre monde s’aseptise, la société n’accepte plus la notion de risque…notre ministre de la santé commande 60 millions de doses de vaccins pour endiguer la « pandémie du siècle »..qui aura tué 1à fois moins que la grippe hivernale classique…La fin de la tauromachie déculpabiliserait l’homme d’infliger une souffrance animale en pleine lumière. Mais les anti taurins et les autres continueront de se régaler autour d’un steack tartare dont le boeuf aura été tué dans un abattoir de Roumanie où il n’aura jamais vu la lumière du jour naturel et aura terminé sa « vie » d’une décharge électrique…A vous !

Written by ydyle

avril 25, 2010 at 1:54

Publié dans art, Culture, Société

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Manolete, une injustice…

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Si j’attendais ce film avec impatience depuis plus de trois ans (et oui étonnamment le film aurait du sortir à cette époque déjà…), j’ai été très déçu et même inquiet de constater qu’il ne se jouait que dans très peu de salles en France. 75 salles alors que Dragons est projeté dans près de 800 salles. Quant à la taille de la salle, c’est bien évidemment la plus petite du Gaumont Opéra où je me suis rendu hier…

Voilà de quoi ravaler mon enthousiasme car malgré un fond historique passionnant (la vie d’un des plus grands toreros de l’histoire mort dans l’arêne), malgré un casting de rêve, Pénelope Cruz et Adrian Brody j’avais quelques doutes en achetant mon billet.

Et bien ces doutes se sont évaporés au bout de quelques minutes et je suis sorti de ce film bouleversé. L’émotion est palpable tout au long de ce film et ce sur deux fronts. D’abord cette histoire d’amour passionnel entre ce torero quasi mystique et timide et une femme de mauvaise vie particulièrement mal vue à l’époque de Franco.

Si j’apprécie la tauromachie – désolé, j’en agace certains mais pourquoi mentir…les scènes tauromachiques sont effectivement très belles et sublimées. Aucune scène dérangeante dans ce registre, le toro conserve toute son intégrité sur l’ensemble des images. Pas étonnant pour ne pas compromettre le succès du film.

J’espère maintenant que ce film connaitra un bon bouche à oreilles qui lui permettra de rester longtemps à l’affiche.

Pour finir, mention spéciale pour Adrian Brody qui est étonnant dans le rôle de Manolete tellement la ressemblance est frappante !
Comme diraient les espagnols  » Suerte Manolete  » !

Written by ydyle

avril 9, 2010 at 1:13

Publié dans cinema

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